L'essentiel
Une vidéo IA est une vidéo dont les images, la voix ou la musique sont produites par une intelligence artificielle à partir d'un texte ou d'une image. Google Veo 3.1 génère des plans de 4, 6 ou 8 secondes avant extension, facturés de 0,05 à 0,60 dollar la seconde selon les tarifs de l'API Gemini du 16 octobre 2026. Le calcul Bridgeo du 18 octobre 2026 chiffre de 15 à 230 dollars la génération des plans d'un film de 60 secondes, avec 3 à 6 essais par plan, hors travail humain et licences. Depuis le 2 août 2026, le règlement européen sur l'IA impose de signaler une vidéo réaliste qui peut passer pour authentique, avatar d'un dirigeant compris selon la Commission européenne.
Une vidéo IA, ou vidéo générée par IA, est une vidéo dont les images, la voix ou la musique sont produites par un modèle d'intelligence artificielle à partir d'une consigne écrite, d'une image ou d'une autre vidéo. Pour une entreprise, elle sert à produire vite des plans d'illustration, des vidéos de formation présentées par un avatar ou des versions d'un même film en plusieurs langues. Elle ne remplace ni un témoignage réel ni le produit filmé tel qu'il est. Depuis le 2 août 2026, l'article 50 du règlement européen sur l'IA impose au déployeur, c'est-à-dire à l'organisation qui utilise l'outil sous son autorité, de signaler la vidéo qui constitue un hypertrucage : elle ressemble à des personnes, des lieux ou des événements existants et peut passer pour authentique.
Vidéo IA en entreprise : la réponse courte
Cinq réponses courtes, détaillées dans les sections suivantes :
- Quel outil : Google Veo 3.1 et Runway génèrent des plans, Synthesia et HeyGen des vidéos présentées par un avatar ; l'API Sora a fermé le 24 septembre 2026, selon OpenAI.
- Ce qu'elle coûte : selon le calcul Bridgeo du 18 octobre 2026 sur les tarifs de Google et de Runway, générer les plans d'un film de 60 secondes revient de 15 à 230 dollars, selon le modèle, la résolution et le nombre d'essais. Le travail humain s'y ajoute.
- Quand une mention s'impose : depuis le 2 août 2026, pour toute vidéo qui constitue un hypertrucage au sens du règlement européen sur l'IA. La Commission européenne cite l'avatar réaliste d'un PDG qui félicite ses salariés.
- À qui elle appartient : la part humaine (script, montage, choix des plans) peut être protégée si elle est originale ; la protection d'un plan généré tel quel est incertaine, selon notre lecture.
- Seul ou avec une agence : notre grille classe huit situations, du tutoriel interne au film de marque.
À quoi sert la vidéo IA en entreprise ?
Le tableau classe les outils de vidéo IA en quatre familles, avec leurs usages courants en entreprise.
| Famille | Ce que l'outil produit | Usage en entreprise | Exemples cités dans ce guide |
|---|---|---|---|
| Génération de plans | Des plans courts, réalistes ou stylisés, à partir d'un texte ou d'une image, avec le son chez certains modèles | Plans d'illustration, décors, maquette animée pour valider une idée avant un tournage | Google Veo 3.1, Runway Gen-4.5 |
| Avatars parlants | Un présentateur de synthèse, ou l'avatar d'une personne réelle, qui lit un texte | Formation, communication interne, tutoriels, vidéos d'aide | Synthesia, HeyGen |
| Doublage et traduction | La même vidéo dans une autre langue, voix comprise | Adapter une vidéo existante à plusieurs pays | Synthesia, dont l'offre gratuite compte la création et le doublage dans les mêmes 10 minutes mensuelles |
| Montage assisté | Sous-titres, recadrage, nettoyage du son, agrandissement de l'image | Post-production d'une vidéo tournée | Fonctions intégrées aux logiciels de montage, que YouTube ne demande pas de signaler |
La génération de plans pose le plus de questions juridiques, parce qu'elle fabrique des scènes qui n'ont pas eu lieu. Les avatars en posent dès qu'ils reproduisent une personne réelle. Le montage assisté en pose moins : il retouche une vidéo filmée sans changer ce qu'elle montre, et YouTube ne demande pas de signaler ces retouches.
En France en 2025, selon le jeu de données d'Eurostat mis à jour le 15 juin 2026, 7,5 % des entreprises de 10 personnes occupées ou plus, hors agriculture, industries extractives et secteur financier, ont utilisé une IA qui génère des images, des vidéos ou des sons, contre 9,55 % dans l'Union européenne. D'après les mêmes données d'Eurostat pour 2025, la part atteint 5,93 % pour les entreprises de 10 à 49 personnes occupées, 12,74 % pour celles de 50 à 249 et 32,84 % pour celles de 250 ou plus. Eurostat ne sépare pas la vidéo de l'image et du son : ces chiffres mesurent l'ensemble.
Selon l'Insee Première n° 2120 du 21 juillet 2026, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisaient au moins une technologie d'IA en 2025. Parmi elles, 41 % génèrent des images, des vidéos ou des contenus audio, selon la même enquête de l'Insee menée en 2025 sur les secteurs principalement marchands hors agriculture, finance et assurance.
Quel outil de vidéo IA choisir, et à quel prix ?
Le bon outil dépend de ce que vous produisez : Google Veo 3.1 et Runway génèrent des plans, Synthesia et HeyGen des vidéos présentées par un avatar. Les éditeurs facturent à la seconde générée, par une API que l'on branche à ses propres outils, ou par un abonnement mensuel qui donne des crédits ou des minutes. Le tableau reprend les prix affichés en dollars le 18 octobre 2026 pour quatre outils, sans prétendre couvrir le marché. Ces prix changent souvent : relisez la page de l'éditeur avant de chiffrer un budget.
| Outil | Ce qu'il génère | Prix affiché | Ce que la page précise | Source |
|---|---|---|---|---|
| Google Veo 3.1, dans l'API Gemini | Plans de 4, 6 ou 8 secondes avec son, en 16:9 ou 9:16 | Lite : 0,05 $ la seconde en 720p, 0,08 $ en 1080p. Fast : 0,10 $, 0,12 $ et 0,30 $ en 720p, 1080p et 4K. Standard : 0,40 $ en 720p et 1080p, 0,60 $ en 4K | Pas de palier gratuit ; facturé seulement si la vidéo est générée ; 1080p et 4K en 8 secondes seulement | Tarifs et documentation de Google |
| Runway | Vidéos par plusieurs modèles, dont Gen-4.5, images, voix et musique | Standard : 15 $ par mois, 12 $ en annuel, 625 crédits. Pro : 35 $, 28 $ en annuel, 2 250 crédits. Max : 95 $, 76 $ en annuel, 9 500 crédits | Gen-4.5 consomme 12 crédits par seconde, soit 60 crédits pour 5 secondes ; 625 crédits donnent 52 secondes de Gen-4.5 ; l'offre gratuite donne 125 crédits une seule fois | Runway, page de tarifs |
| Synthesia | Vidéos présentées par des avatars, doublage | Basic : 0 $. Starter : 29 $ par mois, 18 $ en annuel. Pro : 89 $, 64 $ en annuel. Enterprise : sur devis | 10 minutes de vidéo gratuites par mois, auxquelles Starter ajoute jusqu'à 12 minutes environ et Pro jusqu'à 60 minutes environ | Synthesia, page de tarifs |
| HeyGen | Vidéos présentées par des avatars | Free : 0 $. Creator : 29 $ par mois, 24 $ en annuel. Pro : à partir de 49 $. Business : 149 $ par mois plus 20 $ par siège supplémentaire | Free : 3 vidéos par mois, d'une minute au plus ; Creator : 600 crédits, vidéos jusqu'à 30 minutes ; le nombre de crédits consommés varie selon le modèle et la durée | HeyGen, page de tarifs |
L'API Sora d'OpenAI a fermé le 24 septembre 2026, sans API de remplacement équivalente, selon la page du modèle sora-2 consultée le 18 octobre 2026 : les comparatifs qui la recommandent encore pour un projet d'entreprise sont périmés. Si un prestataire la cite, demandez-lui l'outil qu'il utilisera réellement.
Pour juger un outil que ce guide ne cite pas, posez cinq questions à sa page de tarifs et à ses conditions d'utilisation : sur quoi porte le prix (seconde, crédit ou minute), quelle est la durée maximale d'un plan, qui détient la vidéo produite et si d'autres utilisateurs peuvent en obtenir une proche, quelles données l'éditeur réutilise, combien de temps il conserve vos fichiers. Les conditions additionnelles de l'API Gemini, mises à jour le 28 avril 2026, en donnent un exemple : Google écrit qu'il ne revendique pas la propriété du contenu généré, mais qu'il peut générer un contenu identique ou proche pour d'autres, et il n'autorise que ses services payants pour une application proposée à des utilisateurs de l'Espace économique européen, de la Suisse ou du Royaume-Uni.
Quelles sont les limites d'une vidéo générée par IA ?
La durée est la première limite : une génération Veo 3.1 dure 4, 6 ou 8 secondes, selon la documentation de Google relue le 18 octobre 2026, qui réserve la 1080p et la 4K aux plans de 8 secondes ; une extension peut porter une vidéo jusqu'à 148 secondes. Notre calcul suppose donc un film de 60 secondes assemblé à partir de plusieurs plans, qu'il faut raccorder entre eux : même personnage, même lumière, même décor. Ce travail de sélection et de montage s'ajoute aux frais de génération ; ce guide ne le chiffre pas.
Pour montrer votre produit, filmez-le. Les lignes directrices de la Commission européenne du 20 juillet 2026 rangent parmi les hypertrucages une image de produit, dans une publicité ou sur un emballage, qui trompe sur son apparence, ses caractéristiques ou son usage, par exemple en le montrant de meilleure qualité qu'en réalité, et rappellent que l'étiquette n'autorise pas une publicité trompeuse. Réservez la génération au décor, à l'ambiance ou aux plans sans produit.
Au moment de produire, prévoyez aussi deux points :
- Conservation : Google écrit dans la documentation de Veo, relue le 18 octobre 2026, que les vidéos générées restent sur ses serveurs deux jours, puis sont supprimées. Téléchargez et archivez chaque plan retenu, avec la consigne qui l'a produit.
- Marquage : les fournisseurs d'outils doivent marquer leurs vidéos dans un format lisible par machine (article 50 du règlement sur l'IA), et Google indique que les vidéos de Veo portent son filigrane SynthID. Ne retirez ni ce filigrane ni les métadonnées de provenance au montage.
Combien coûte une vidéo IA ? Notre calcul pour un film de 60 secondes
Générer les plans d'un film de 60 secondes coûte de 15 à 230 dollars, selon le calcul Bridgeo du 18 octobre 2026 sur les tarifs publiés par Google et Runway, hors travail humain et licences. Le film compte 8 plans de 8 secondes, le dernier raccourci à 4 secondes au montage. Le nombre d'essais par plan retenu est une hypothèse et non une mesure : 3 dans un cas favorable, 6 dans un cas plus exigeant.
| Modèle et résolution | Prix publié | 3 essais par plan | 6 essais par plan |
|---|---|---|---|
| Veo 3.1 Lite, 1080p | 0,08 $ la seconde | 15,36 $ | 30,72 $ |
| Veo 3.1 Fast, 1080p | 0,12 $ la seconde | 23,04 $ | 46,08 $ |
| Runway Gen-4.5 | 12 crédits par seconde ; 9 500 crédits pour 95 $ par mois (Max) | 23,04 $ (2 304 crédits) | 46,08 $ (4 608 crédits) |
| Veo 3.1 Standard, 1080p | 0,40 $ la seconde | 76,80 $ | 153,60 $ |
| Veo 3.1 Standard, 4K | 0,60 $ la seconde | 115,20 $ | 230,40 $ |
Google écrit qu'il ne facture que les vidéos générées avec succès : une prise générée que vous jugez ratée est donc facturée. Doubler le nombre d'essais double la facture.
Ce montant n'est pas le prix d'un film. Pour estimer le vôtre, faites un essai : générez les plans d'une scène de votre script, comptez les essais nécessaires pour obtenir un plan utilisable, puis appliquez ce nombre à tous les plans. Ajoutez ensuite ce que vous seul pouvez chiffrer : les heures de script, de sélection, de montage et de validation juridique multipliées par votre coût horaire, la voix off, la musique et sa licence.
Les vidéos d'avatars se paient autrement, par abonnement. Chez Synthesia, selon la page de tarifs lue le 18 octobre 2026, l'offre Starter à 29 dollars par mois en paiement mensuel ajoute jusqu'à 12 minutes environ aux 10 minutes gratuites mensuelles. Chez HeyGen, selon sa page de tarifs lue le même jour, l'offre Creator à 29 dollars par mois donne 600 crédits, dont la consommation dépend du modèle et de la durée. Pour une série de vidéos de formation, comparez le coût par minute utile sur un essai, pas le prix affiché.
Demandez un devis qui sépare les deux parts
Un devis de vidéo IA lisible distingue la génération (outil, nombre de secondes ou de crédits prévus, qui paie l'abonnement) et le travail humain (script, direction artistique, sélection des plans, montage, voix, musique, droits, mention).
Quand une vidéo IA doit-elle porter une mention (AI Act) ?
Une vidéo IA doit porter une mention quand elle constitue un hypertrucage. Depuis le 2 août 2026, l'article 50, paragraphe 4, du règlement européen sur l'intelligence artificielle, dit AI Act, impose au déployeur, c'est-à-dire à l'organisation qui utilise un système d'IA sous son autorité, d'indiquer qu'une telle vidéo a été générée ou manipulée par une IA. L'information doit être claire et reconnaissable au plus tard au moment de la première exposition du public (paragraphe 5).
Les fournisseurs d'outils ont une obligation distincte : marquer leurs vidéos dans un format lisible par machine (paragraphe 2). Le règlement omnibus du 8 juillet 2026, qui modifie le règlement sur l'IA, leur laisse jusqu'au 2 décembre 2026 si leur outil était sur le marché avant le 2 août 2026.
Réserve
Les passages juridiques de ce guide sont notre lecture des textes cités, à la date du 18 octobre 2026. Ils ne remplacent pas l'avis d'un avocat, en particulier pour une campagne publicitaire nationale ou l'avatar d'une personne réelle.
Qu'est-ce qu'un hypertrucage ?
Un hypertrucage est, selon l'article 3, point 60, du règlement, une image ou un contenu audio ou vidéo généré ou manipulé par l'IA, qui ressemble à des personnes, des objets, des lieux, des entités ou des événements existants et que l'on peut prendre à tort pour authentique. Les lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026 lisent ce texte largement : il suffit de ressembler à quelqu'un ou à quelque chose qui existe ou pourrait plausiblement exister, et la notion de personne couvre les avatars humains réalistes générés par IA. Un présentateur de synthèse qui n'existe pas peut donc relever de la règle. Ces lignes directrices ne sont pas contraignantes, elles l'écrivent elles-mêmes : seule la Cour de justice de l'Union européenne peut interpréter le règlement avec autorité.
| Situation décrite par la Commission | Hypertrucage selon la Commission | Ce que cela implique pour l'entreprise |
|---|---|---|
| Vidéo où un avatar synthétique réaliste du PDG félicite les salariés pour l'année écoulée | Oui | Mention claire au plus tard à la première exposition, même pour une vidéo destinée aux salariés |
| Vidéo publicitaire où apparaît une version générée d'un influenceur célèbre | Oui | Mention, et accord de la personne représentée |
| Image de produit, dans une publicité ou sur un emballage, qui trompe sur son apparence, ses caractéristiques ou son usage, par exemple en le rendant plus attrayant qu'en réalité | Oui | Mention, et risque de publicité trompeuse : filmez le vrai produit |
| Vidéo façon télé-achat où des consommateurs simulés utilisent un produit pour inciter à l'acheter | Oui, et sans le régime allégé des œuvres manifestement créatives | Mention complète, pas une mention discrète en fin de générique |
| Voiture réelle filmée devant un décor généré, si la publicité ne trompe pas sur le produit | Non | Pas de mention au titre de l'article 50 ; gardez la trace de ce qui est généré |
| Souris qui se disputent en langage humain dans une publicité pour un fromage | Non | Contenu manifestement irréaliste, hors de l'obligation |
| Correction des couleurs, arrière-plan retouché à des fins esthétiques, mise à l'échelle des images d'un produit | En principe non : impact probablement mineur, selon le contexte | Pas de mention au titre de l'article 50 si la perception du produit ne change pas |
Les œuvres manifestement artistiques, créatives, satiriques ou fictives bénéficient d'un régime allégé : la mention peut se faire d'une manière qui ne gêne pas leur affichage (article 50, paragraphe 4). Les lignes directrices précisent qu'un contenu dont la nature est exclusivement informative ou commerciale, et reconnaissable comme telle, est exclu de ce régime ; une publicité peut en relever dans certaines situations seulement, au cas par cas.
Faut-il étiqueter votre vidéo ? Les cinq questions à se poser
- Question 1. La vidéo montre-t-elle des personnes, des objets, des lieux ou des événements réalistes, générés ou modifiés par IA ? Si non (dessin animé, animaux qui parlent, scène impossible), l'article 50 ne s'applique pas.
- Question 2. La modification est-elle mineure (couleur, retouche esthétique d'un arrière-plan, nettoyage du son) sans changer la perception de la scène ou du produit ? Si oui, en principe pas de mention au titre de l'article 50, selon le contexte.
- Question 3. Une partie du public prévisible peut-elle prendre la vidéo pour authentique ? Si oui, c'est un hypertrucage : mention claire et reconnaissable au plus tard à la première exposition. Les lignes directrices demandent de penser aux publics moins familiers de l'IA, enfants ou personnes âgées.
- Question 4. La vidéo est-elle une œuvre manifestement artistique, créative, satirique ou fictive ? Si oui, la mention reste due, mais elle peut être présentée d'une manière qui ne gêne pas l'affichage de l'œuvre ; une publicité dont la nature est purement commerciale n'en bénéficie pas.
- Question 5. Qui appose la mention, et où ? Le déployeur, comme l'explique la sous-section suivante. L'article 50 demande une information claire et reconnaissable ; les plateformes ajoutent leur propre case, comme YouTube Studio ; pour l'influence commerciale, la loi française impose la mention « Images virtuelles » quand un visage ou une silhouette est produit par IA. Nous conseillons d'intégrer la mention à la vidéo elle-même.
Qui doit apposer la mention : l'entreprise ou l'agence ?
La mention revient au déployeur, c'est-à-dire à celui qui décide de l'usage de l'IA et le contrôle : l'entreprise ou l'agence, selon le cas. Selon les lignes directrices de la Commission du 20 juillet 2026, une entreprise qui commande une publicité à une agence sans décider ni contrôler si et comment l'agence utilise l'IA n'est pas déployeur ; l'agence, qui décide alors de l'usage de l'IA, l'est en principe. À l'inverse, une entreprise reste déployeur quand elle fait appel à des prestataires qui utilisent l'outil pour son compte, sous sa responsabilité et son contrôle. Si votre brief impose l'IA, choisit l'outil ou valide les plans générés, vous avez intérêt à prévoir la mention vous-même et à l'écrire dans le contrat.
Quelle amende en cas de manquement à la mention ?
Le manquement aux obligations de transparence de l'article 50 du règlement sur l'IA expose à une amende administrative pouvant aller jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu ; pour une PME ou une petite entreprise à moyenne capitalisation, c'est le plus faible des deux (article 99, paragraphes 6 et 6 bis, ce dernier ajouté par le règlement omnibus du 8 juillet 2026). Les États membres fixent le régime des sanctions dans ces limites.
Quel code de bonnes pratiques et quelle icône pour étiqueter ?
La Commission a publié le 10 juin 2026 un code de bonnes pratiques sur le marquage et l'étiquetage des contenus générés par l'IA. Il est volontaire, mais les obligations de l'article 50 restent légales. Sa section destinée aux déployeurs traite de la forme et de l'emplacement des étiquettes, et l'Union européenne propose une icône facultative en trois variantes pour signaler un contenu généré ou modifié par l'IA.
Faut-il déclarer une vidéo IA sur YouTube ?
Selon l'aide de YouTube, relue le 18 octobre 2026, les créateurs doivent signaler quatre cas dans YouTube Studio : faire dire ou faire à une personne réelle ce qu'elle n'a pas dit ou fait, modifier les images d'un événement ou d'un lieu réel, générer une scène réaliste qui n'a pas eu lieu, et créer une musique qui constitue l'élément principal de la vidéo. Les sous-titres, les idées de script, le clonage de sa propre voix pour une voix off et les filtres de couleur n'ont pas à l'être. YouTube peut ajouter seul une étiquette aux vidéos qui portent des métadonnées C2PA, et pénaliser les créateurs qui omettent la mention de façon récurrente.
Droit français : image, voix et influence commerciale
Le code pénal punit le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers, sans le consentement d'une personne, un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique qui représente son image ou ses paroles, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il est généré ou s'il n'en est pas expressément fait mention : c'est l'article 226-8, tel que l'a modifié l'article 15 de la loi du 21 mai 2024 visant à sécuriser et réguler l'espace numérique. Depuis cette loi de 2024, les peines sont portées à deux ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende quand les faits passent par un service de communication au public en ligne.
Pour l'influence commerciale, l'article 5 de la loi du 9 juin 2023, dans sa version en vigueur depuis le 8 novembre 2024, impose la mention « Images virtuelles » sur les contenus qui comportent une production par intelligence artificielle visant à représenter un visage ou une silhouette, de façon claire, lisible et compréhensible sur tout support utilisé. Cette loi de 2023 punit le manquement d'un an d'emprisonnement et de 4 500 euros d'amende. Si vous confiez une vidéo à un créateur de contenu, notre guide de l'UGC et des créateurs détaille le contrat d'influence commerciale.
L'image et la voix d'un salarié, d'un client ou d'un dirigeant restent des données personnelles. Les lignes directrices de la Commission rappellent que le règlement sur l'IA ne dispense ni du règlement général sur la protection des données, ni du droit des marques, ni du droit d'auteur, ni des droits de la personnalité sur l'image et la voix. Pour l'avatar d'un salarié, nous conseillons une autorisation écrite qui dit à quoi servira l'avatar, pendant combien de temps, sur quels supports, et dans quelles conditions son usage prend fin.
Droit d'auteur : à qui appartient une vidéo générée par IA ?
Notre lecture : en France, la protection par le droit d'auteur d'un plan généré tel quel, sans apport créatif humain identifiable, est incertaine, alors que la part humaine d'une vidéo IA (script, choix et ordre des plans, montage) peut être protégée si elle est originale. Dans son rapport d'information du 9 juillet 2025 sur la création et l'intelligence artificielle, le Sénat constatait que ni la législation ni la jurisprudence n'avaient pleinement répondu aux questions posées par le statut des œuvres générées par IA, et que l'originalité d'une œuvre produite par IA n'avait pas encore donné lieu à des décisions de justice. Le même rapport rappelle deux principes : le droit d'auteur protège une création originale, qui porte l'empreinte de la personnalité de son auteur, et une personne morale ne peut pas avoir la qualité d'auteur (Cour de cassation, 15 janvier 2015).
Aux États-Unis, le Copyright Office a conclu, dans la deuxième partie de son rapport sur l'IA publiée le 29 janvier 2025, qu'une production d'IA générative n'est protégée que si un auteur humain en a déterminé des éléments expressifs suffisants, et que la seule rédaction d'instructions ne suffit pas. L'usage de l'IA comme aide ne fait pas perdre la protection d'une œuvre humaine qui l'intègre. Cette position ne s'applique pas en France.
Deux conséquences pratiques en découlent. Gardez la trace de vos choix créatifs, qui fondent la part protégeable. Et un concurrent pourrait reprendre un plan généré dont la protection est incertaine, sans que vous puissiez facilement vous y opposer : réservez la génération aux plans d'illustration, et gardez le logo, le produit et les personnes dans des prises de vue réelles. Les lignes directrices de la Commission précisent d'ailleurs que la mention IA ne change rien, en soi, à la protection d'un contenu par le droit d'auteur.
Outil seul, agence ou tournage : comment choisir ?
Utilisez l'outil seul pour une vidéo de formation présentée par un avatar de synthèse, une maquette interne ou des plans d'illustration sans personne ni produit. Filmez votre produit en usage. Pour une personne réelle à l'écran, préférez le tournage ; si son image ou sa voix est générée, passez par une agence, avec son autorisation écrite et une mention si la vidéo constitue un hypertrucage. Pour une campagne payante ou un film de marque durable, évitez l'outil seul. Adaptez à votre projet la grille ci-dessous.
| Situation | Outil seul, en interne | Outil et agence | Tournage classique | Pourquoi |
|---|---|---|---|---|
| Vidéo de formation ou d'aide interne présentée par un avatar de synthèse | Adapté | Utile si le volume est grand | Rarement justifié | Peu de risque de tromperie si l'avatar est annoncé ; prix d'abonnement connus |
| Même vidéo déclinée en plusieurs langues | Adapté sans personne réelle à l'écran | Utile pour relire chaque langue | Coûteux à refaire | Le doublage par IA évite de retourner, avec une relecture par langue ; si la voix ou le visage d'une personne réelle est doublé ou cloné, la ligne « personne réelle » s'applique |
| Plans d'illustration sans personne ni produit (paysage, ville, texture) | Adapté | Adapté | Possible | Un décor qui ne trompe pas sur le produit n'est pas un hypertrucage, comme la voiture filmée devant un décor généré ; un lieu réel reconnaissable généré de façon réaliste peut en être un, et YouTube demande de le signaler : dans le doute, mentionnez |
| Maquette animée pour valider une idée avant un tournage | Adapté | Adapté | Sans objet | Usage interne, la maquette ne sera pas diffusée |
| Votre produit montré en usage | À éviter | Seulement pour le décor | Recommandé | Une image qui trompe sur le produit est un hypertrucage et peut constituer une publicité trompeuse |
| Dirigeant, salarié ou client réel à l'écran, ou sa voix | À éviter | Avec autorisation écrite et mention | Recommandé | Droit à l'image et à la voix, article 226-8 du code pénal (voir le droit français) ; mention si la vidéo constitue un hypertrucage |
| Campagne publicitaire payante, diffusée largement | À éviter | Adapté | Adapté | Qui est déployeur, quelle mention, quels droits : à fixer au contrat avant la diffusion |
| Film de marque qui doit vous appartenir et durer plusieurs années | À éviter | Si la part humaine domine | Recommandé | La protection d'un plan généré tel quel par le droit d'auteur est incertaine |
Si une seule situation de votre projet appelle un tournage, le projet peut devenir mixte : plans réels pour le produit et les personnes, plans générés pour le reste. Demandez aux prestataires de chiffrer cette combinaison et une version entièrement tournée.
Quelles clauses écrire pour confier une vidéo IA à une agence ?
Une agence vidéo apporte l'écriture, la direction artistique, la sélection des plans et le montage. Inscrivez ces huit points au contrat ou au bon de commande :
- Les outils : la liste des outils et des modèles utilisés pour chaque partie du film, et l'abonnement sous lequel ils sont utilisés, celui de l'agence ou le vôtre, avec ses conditions d'usage commercial.
- Le rôle de chacun : qui décide de l'usage de l'IA et le contrôle, donc qui est déployeur au sens des lignes directrices de la Commission, et qui appose la mention, sous quelle forme et à quel endroit.
- Le consentement : l'autorisation écrite de chaque personne dont l'image ou la voix est reproduite ou clonée, avec la durée, les supports et les conditions de fin d'utilisation.
- Le produit : l'engagement que les plans générés ne modifient ni l'apparence, ni les caractéristiques, ni l'usage du produit, et votre validation de chaque plan où il apparaît.
- Les tiers : la garantie que les plans ne reproduisent ni une marque, ni une œuvre, ni une personne reconnaissable sans droit, et ce que fait l'agence si un tiers réclame.
- Les droits : la cession des droits sur la part humaine (script, montage, voix, musique), et l'écrit que la protection de certains plans générés par le droit d'auteur est incertaine.
- Les fichiers : la remise des plans retenus, des fichiers de montage et des consignes qui ont produit chaque plan, la conservation des filigranes et des métadonnées de provenance, et l'archivage, puisque Veo supprime les vidéos de ses serveurs après deux jours selon la documentation de Google consultée le 18 octobre 2026.
- Le budget : le plafond de secondes ou de crédits compris dans le prix, le prix des dépassements et votre accord préalable avant toute dépense supplémentaire.
Pour la partie tournée d'un projet mixte, les postes du devis, les cessions de droits et la musique sont détaillés dans notre guide de l'agence vidéo ; pour une animation sans plans réels, voyez celui du motion design en entreprise. Pour écrire la demande elle-même, partez de notre modèle de brief et ajoutez-y la grille de décision de ce guide : elle dit au prestataire ce qui doit être filmé et ce qui peut être généré.
Questions fréquentes sur la vidéo IA
Existe-t-il un générateur de vidéo IA gratuit ?
Créer une vidéo IA gratuitement est possible, avec des limites, selon les pages de tarifs lues le 18 octobre 2026 : l'offre gratuite de Synthesia donne 10 minutes de vidéo par mois, celle de HeyGen 3 vidéos d'une minute au plus par mois, celle de Runway 125 crédits une seule fois. L'API Veo de Google n'a pas de palier gratuit. Vérifiez les conditions d'usage commercial avant de diffuser la vidéo.
Comment créer une vidéo avec l'IA en entreprise ?
Écrivez le script, puis décidez avec la grille de ce guide ce qui sera filmé et ce qui sera généré. Choisissez la famille d'outil et générez plusieurs essais par plan. Téléchargez chaque plan retenu avec sa consigne : selon la documentation de Google consultée le 18 octobre 2026, Veo supprime les vidéos de ses serveurs après deux jours. Montez les plans, puis ajoutez la mention si la vidéo constitue un hypertrucage, en gardant le filigrane et les métadonnées de provenance.
Combien coûte une vidéo IA pour une entreprise ?
La génération des plans d'un film de 60 secondes coûte de 15 à 230 dollars dans notre calcul du 18 octobre 2026, fondé sur les tarifs de Google Veo 3.1 et de Runway et sur 3 à 6 essais par plan. Le travail humain (script, montage, voix, musique, droits, validation) s'y ajoute ; ce calcul ne le chiffre pas.
Qu'est-ce qu'un avatar IA, et doit-il porter une mention ?
Un avatar IA est un présentateur de synthèse, ou la reproduction d'une personne réelle, qui lit un texte dans une vidéo ; Synthesia et HeyGen en vendent, d'après leurs pages de tarifs lues le 18 octobre 2026. Un avatar humain réaliste peut constituer un hypertrucage même s'il représente une personne qui n'existe pas : la Commission européenne cite l'avatar synthétique réaliste d'un PDG qui félicite ses salariés. Si l'avatar reproduit une personne réelle, demandez en plus son autorisation écrite.
Peut-on faire une publicité avec une vidéo IA ?
Oui pour le décor, l'ambiance et les plans sans produit. Filmez le produit lui-même : la Commission européenne range dans les hypertrucages une image de produit qui trompe sur son apparence, et la mention n'autorise pas une publicité trompeuse. Une publicité de nature purement commerciale ne bénéficie pas du régime allégé des œuvres manifestement créatives. Fixez au contrat qui est déployeur et qui appose la mention.
Peut-on reproduire l'image ou la voix d'une personne dans une vidéo IA ?
Oui, avec son accord, que nous conseillons de faire écrire : l'autorisation précise l'usage, la durée, les supports et les conditions de fin d'utilisation. Sans consentement, l'article 226-8 du code pénal, modifié en 2024, punit le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers un contenu généré par algorithme qui représente l'image ou les paroles d'une personne, s'il n'apparaît pas à l'évidence qu'il est généré ou s'il n'en est pas expressément fait mention.
Trouver une agence pour une vidéo IA
Décrivez votre projet dans le formulaire Bridgeo : ce que la vidéo doit montrer, où elle sera diffusée, les personnes ou produits à l'écran et votre budget. Nous cherchons dans notre réseau les agences qui correspondent à votre demande, gratuitement pour votre entreprise. Gardez la grille de décision et la liste des clauses de ce guide pour lire leurs propositions. Décrire mon projet.
Méthode : textes, pages et documentations cités dans ce guide, lus le 18 octobre 2026. Nous n'avons généré aucune vidéo avec ces outils pour écrire ce guide : prix, durées et conditions viennent de leurs pages publiques, et les volumes du calcul de coût sont des hypothèses, pas des mesures. Ce guide ne compare pas la qualité de rendu des outils. Aucune agence n'est citée comme source.




